KovatechKovatech

Guide

Écrire un cahier des charges de site internet, sans être technique

Un cahier des charges n’est pas un document technique. C’est le document qui vous permet de recevoir trois devis comparables au lieu de trois devis incomparables. Il tient en trois pages, et vous pouvez l’écrire sans rien connaître au développement.

Mis à jour le

Ce qui arrive quand il n’y en a pas

Trois devis qui vont du simple au quintuple

Parce que chaque prestataire a imaginé un projet différent. Vous ne comparez pas des prix, vous comparez des malentendus.

Le périmètre qui gonfle en cours de route

Sans écrit, chaque demande semble « comprise ». Le prestataire finit par travailler gratuitement, ou par facturer un supplément que vous jugez injustifié. Les deux finissent mal.

La livraison qui ne correspond pas

Ce n’est pas de la mauvaise foi, c’est un contresens. Vous disiez « espace client », il a compris « formulaire de contact ».

Le projet qui n’avance plus

Il attend vos textes, vos photos, vos validations. Personne n’avait écrit qui fournissait quoi, ni pour quand.

La trame en sept points

01

1. Qui vous êtes et ce que vous vendez

Trois paragraphes. Votre activité, votre zone, votre clientèle type. Un prestataire qui n’a pas compris votre métier ne peut pas écrire vos pages.

02

2. Ce que le site doit provoquer

Un appel, une demande de devis, une réservation, un téléchargement ? Un seul objectif principal. Un site qui vise trois objectifs n’en atteint aucun.

03

3. La liste des pages voulues

Écrivez-la à plat, une ligne par page. C’est le point qui fait le plus varier les devis, et le plus facile à rédiger.

04

4. Ce qui doit fonctionner

Formulaire, prise de rendez-vous, paiement, espace client, envoi automatique de mails. Décrivez le comportement attendu en français, pas la solution technique.

05

5. Ce que vous fournissez, et quand

Textes, photos, logo, accès au domaine. Avec une date. C’est presque toujours là que les projets prennent du retard, jamais dans le code.

06

6. Deux ou trois sites que vous aimez, et pourquoi

Avec la raison : « j’aime la clarté des tarifs », « j’aime que l’on comprenne en trois secondes ». La raison est plus utile que le lien.

07

7. Votre budget et votre échéance

Oui, il faut les donner. Sans budget annoncé, on vous proposera soit trop, soit trop peu. Une fourchette suffit.

Ce que je fais de votre cahier des charges

Je le relis et je vous réponds par écrit avant de chiffrer : ce que j’ai compris, ce qui manque, et ce qui me semble hors budget. Sur les projets d’application, je vais plus loin et je rédige un document de cadrage qui décrit vos règles métier noir sur blanc : qui fait quoi, quels états possibles, quelles interdictions. Vous le relisez et vous le corrigez. C’est ce document qui évite de découvrir un contresens au bout de six semaines de développement, quand il coûte dix fois plus cher à corriger.

Ce qu’il ne faut surtout pas écrire

N’imposez pas la technologie. Écrire « le site sera développé en React » quand on n’est pas technique revient à demander à un maçon de n’utiliser qu’une marque de ciment. Décrivez le besoin, laissez le prestataire proposer, et demandez-lui de justifier.

Ne détaillez pas le design au pixel. Un cahier des charges qui décrit la couleur de chaque bouton empêche le prestataire de faire son travail, et vous n’obtiendrez pas mieux.

N’écrivez pas « le site doit être moderne, professionnel et ergonomique ». Ces mots ne veulent rien dire et n’engagent personne. Remplacez-les par des faits vérifiables : « un visiteur doit pouvoir trouver nos tarifs en un clic depuis n’importe quelle page ».

Les questions que personne ne pense à trancher

À qui appartient le code à la fin ? Faites écrire la réponse dans le devis. La réponse normale est : au client, après paiement intégral.

À quel nom est enregistré le nom de domaine ? Au vôtre. Toujours. C’est votre adresse, pas celle du prestataire.

Qui paie l’hébergement, et sur quel compte ? Un compte à votre nom vous garantit de pouvoir changer de prestataire sans rien perdre.

Que se passe-t-il après la livraison ? Combien de temps les corrections sont-elles gratuites, et à partir de quand une modification est facturée ?

Qui écrit les textes ? C’est le poste le plus sous-estimé du budget. Si c’est vous, prévoyez le temps réel. Si c’est le prestataire, vérifiez que c’est bien dans le devis.

Comment comparer les devis reçus

Mettez-les côte à côte sur les mêmes lignes : cadrage, rédaction, design, intégration, référencement, mise en ligne, formation, garantie. Un devis qui n’a qu’une ligne globale n’est pas comparable, et vous pouvez demander le détail sans gêne.

Regardez ce qui n’est pas écrit. L’hébergement est-il compris la première année ? Les corrections après livraison ? La formation ? Ce qui n’est pas écrit sera facturé.

Méfiez-vous de l’écart trop grand. Si deux devis sont à 3 000 € et un à 700 €, ce n’est pas une bonne affaire : c’est que le troisième a compris autre chose, ou qu’il vendra le reste plus tard.

Les limites de l’exercice

Dit maintenant plutôt qu’au troisième rendez-vous.

  • Un cahier des charges n’est pas un contrat. C’est le devis signé qui engage, et c’est lui qui doit reprendre le périmètre.
  • Un cahier des charges trop détaillé sur un projet d’application est contre-productif : le besoin évolue dès qu’on voit la première version. Mieux vaut cadrer les règles et livrer souvent.
  • Je ne facture pas la relecture d’un cahier des charges avant devis. C’est du temps de vente, pas du conseil.

Questions fréquentes

Quelle longueur doit faire un cahier des charges ?

Deux à quatre pages pour un site vitrine. Cinq à dix pour une application métier. Au-delà, il n’est plus lu, ni par le prestataire ni par vous.

Faut-il faire appel à quelqu’un pour l’écrire ?

Pour un site vitrine, non : la trame ci-dessus suffit largement. Pour un projet d’application à plus de 15 000 €, une journée de cadrage payée à un intervenant indépendant du réalisateur est souvent rentable.

Dois-je vraiment annoncer mon budget ?

Oui, une fourchette. Ça n’est pas se faire avoir : ça permet au prestataire de vous dire franchement si c’est réalisable, et d’adapter le périmètre plutôt que de vous envoyer un devis hors de portée.

Et si je ne sais pas ce que je veux ?

Alors commencez par les points 1, 2 et 7 : votre activité, l’objectif du site, votre budget. Le reste se construit lors du premier échange. C’est une situation normale, pas un problème.

Les autres guides, et les prestations qui répondent

Parlons de votre projet

Devis gratuit, réponse sous 24 h, et un seul interlocuteur du premier message à la mise en ligne.